20

Mars
Avril
Mai
2012

Rencontre avec Albane Gellé, poète

Mardi 17 janvier, la lumineuse bibliothèque de l’école Jules Ferry de St Mars-La-Jaille était le théâtre d’une rencontre programmée par l’association Grandir d’un Monde à l’Autre dans le cadre d’une action culturelle débutée en octobre 2011 : celle des élèves de la CLIS (CLasse d’Inclusion Scolaire) et de la classe de CE2 avec Albane Gellé*, poète d’origine nantaise vivant désormais à Saumur.

Photo de Michel Durigneux

En tant qu’administratrice de l’association Grandir d’un Monde à l’Autre, j’ai tout d’abord replacé cette rencontre dans le calendrier de l’action culturelle : après les ateliers d’écriture poétique avec Evelyne Debeire**, auteur, et avant les ateliers de création artistique menés par Mélanie Le Page, médiatrice-animatrice au Centre d’art de Montrelais. Un projet autour de la poésie et des arts plastiques pour parler de différence dans un livre qui sera édité en fin d’année scolaire par les éditions d’un Monde à l’Autre.

L’impatience des enfants était palpable, de nombreuses interrogations autour du métier de poète, de ses sources d’inspiration, de ses habitudes de travail avaient été discutées en classe avec les enseignantes, Ghislaine Perraud (CLIS) et Nadine Dhion (CE2) et rassemblées dans des questionnaires.
Avant tout, Albane Gellé a exprimé sa conception de la poésie, un espace de liberté, un choix sans limite de ses mots, comme une possibilité « d’inventer son propre langage ». Elle a énuméré quelques unes des caractéristiques de cette liberté de création : pas de contrainte d’histoire, ni de titre, ni de ponctuation, pas de personnages…
C’est devant un public attentif qu’elle a relaté son chemin vers la poésie de l’enfance à aujourd’hui.
Ayant présenté ses recueils (11 parus à ce jour), elle y a puisé et lu quelques poèmes, certains extraits de « Je cheval » dont la confidence sur le matériau de la couverture fit s’exclamer de surprise et de rire les enfants : du crottin !
Puis les enfants l’ont questionnée sur son métier de poète et ont ainsi pu apprendre qu’Albane Gellé préfère les ratures aux effaceurs, qui constituent autant de réserves de mots à replacer et insérer dans d’autres espaces poétiques, que ses sources d’inspiration se constituent souvent de « bouts de phrase » saisis au gré des hasards de voyages, de sorties, de rencontres, qu’elle utilise le crayon et non le clavier… et bien d’autres secrets de création qui ont fait s’arrondir les yeux et lever les doigts pour en découvrir plus, encore et encore.
Quatre des textes poétiques réalisés en ateliers d’écriture et sélectionnés en classe ont alors été partagés avec le poète et leurs camarades. Reliés entre eux par le thème de la différence, on a ainsi pu entendre : «... le cœur est autiste », puis «... fauteuil roulant », «... cécité » et «... pétales de la forêt mauve »… Enfin, c’est dans un grand silence que des poèmes, tous signés Albane Gellé, appris par cœur, ont été déclamés avec sérieux et concentration par quelques élèves. Il y avait de la fierté chez les récitants qui offraient à l’auteur ses propres mots.
Une rencontre qui s’est close par la dégustation d’une galette des rois. En suspens probablement des questions non posées, comme des mots raturés, à conserver pour un poème à venir…

 Marie-Odile Houssais

* http://www.litterature-et-poetiques.fr/
** http://evelynedebeire.canalblog.com/

 

Crédit photo : Photo de Michel Durigneux

S'inscrire à la lettre d'infos

Pour la recevoir par courriel