Interview croisee : Bailly - Forget - Loquais

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Vous n’avez pas vu venir pour la sortie du gâteau aux noyaux ? On a pris des notes pour vous :

Voici, quelques extraits de l’interview d’Eléonore Bailly, auteure du Gâteau aux noyaux / de Christophe Forget, l’illustrateur, et de Anne-Marie Loquais, psychologue spécialiste de l’accompagnement des personnes qui ont des troubles de la mémoire.

A Anne-Marie Loquais. Qu’est-ce qui t’a marquée dans cet album jeunesse « Le gâteau aux noyaux » ?

Anne-Marie : On retrouve bien le parcours de la famille autour du handicap. Les crispations, mais aussi les évolutions et dynamiques positives : quand l'un bouge dans la famille, tous bougent ! C’est ce qui est particulièrement bien vu dans cette histoire. J’ai trouvé que c’était très juste. On a toutes les phases des réactions familiales devant ce type de souci lié aux troubles de la mémoire. Les derniers mots du livre sont importants « la mémoire du coeur ne s’oublie pas »…

Peux-tu nous parler des « bistrots mémoire », que tu as mis en place ? C'est quoi un bistrot mémoire ?

Anne-Marie : Le terme « café mémoire » était déjà pris par l'association des bénévoles. C’est un lieu de rencontre pour les familles, les aidants, SANS la personne malade.
Pour compléter le proposition d’échanges, nous avons choisi de mettre en place ces « bistrots mémoire ». « Bistrot » est un mot festif, qui désigne un espace accueillant. Nous accueillons les personnes qui souffrent d’une maladie de la mémoire, les professionnels, la famille… Tous ont leur place au bistrot mémoire. Il fallait que les gens puissent sortir de leur isolement. Pour certains, c’est une belle occasion de reprendre une vie sociale. On a vu des personnes qui se refermaient sur elles-mêmes recommencer à s’habiller, et à sortir de chez elles, pour venir à ces séances. 

Le premier lieu a été ouvert en 2009 vers le Migron (44). C’était un lieu sympa, mais peu accessible. Aujourd'hui c'est à Saint-Père-en-Retz.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Anne-Marie : C’est anonyme et avec un accès gratuit, sans contrainte de temps. Chacun vient quand il veut. On mélange les gens : on se sait pas qui est malade ou non. C’est un lieu de rencontre pour parler. Avec des interventions d’experts, des rencontres avec les équipes d’accueil de jour, ce qui évite les fantasmes négatifs, … mais surtout des échanges sur tous les problèmes :

-Comment on fait avec quelqu'un qui perd tout, qui cache tout, qui perd le sens de l’orientation, qui a des troubles du sommeil … ?

-Comment se sentir en sécurité avec une personne Alzheimer ?

Le « bistrot mémoire » servait aussi pour des professionnels qui vont donner des formations sur les lieux d'accueil , les CLIC ( Centre Local d’ Informations et de Communication) :

-Quelles aides peut-on avoir, pour aménager la maison ?

-Ou autres !

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A Christophe Forget... En quoi ce livre , la Gâteau aux Noyaux, t’a-t-il parlé ?

Christophe Forget : Davantage que les troubles de la mémoire, ce qui m’a parlé, c’est l’évocation de l’heure du goûter, un moment chaleureux ! J’ai eu un grand-père assez vieux, qui pouvait avoir des troubles et détruisait ce qu'il avait pu faire ou reprochait des choses du lointain passé… mais c'est vraiment autour de la complicité du goûter que mes souvenirs ont émergé. C’était des moments gourmands.

Pourquoi as-tu utilisé des couleurs acidulées pour illustrer cet album ?

Christophe Forget : J’avais envie de ces couleurs présentes avec les crayons de couleur ! Avec une dominante bleu et orange donnée par la peinture acrylique, puis le crayon par dessus pour donner de la matière.

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A Eléonore : Comment as-tu perçu le travail de Christophe ?

Eléonore : La mamie est ronde comme le gâteau " une religieuse " remarque Eléonore en souriant. Il fallait une certaine rigueur pour les personnages et l'univers… C'est surprenant : ça répond à ce que j'avais dans la tête mais Christophe a su aller au-delà. C'est valorisant, gratifiant et même assez grisant. On retrouve la bizarrerie de la grand mère dans le graphisme, avec une bizarrerie séduisante …

A-t-il été facile de trouver la fin de ce livre ?

Eléonore : On fait différents essais. On met les écrits à distance, puis on vérifie ce qui fonctionne ou pas. j’ai travaillé plusieurs fois sur la fin de l’histoire avant que celle-ci devienne évidente. Le but n’est pas de montrer l’évolution de la maladie avec des symptômes reconnaissables, mais de montrer l’importance des relations affectives, quel que soit le problème de départ. Des livres sur la maladie d’Alzheimer, il existe beaucoup, scientifiques et très bien documentés, sur l’évolution de la maladie. Ils s’adressent aux adultes. Moi, je voulais vraiment axer ma réflexion sur l’impact dans la famille, notamment à travers la relation tendre entre le petit-fils et sa grand-mère. Une manière de rendre hommage à mes grands-parents, qui ont aussi été touchés par ce type de symptôme mais avec qui je n’ai pas pu avoir cette relation complice.

Comment as-tu connu les éditions Grandir d’un Monde à l’Autre?

Eléonore : Ce sont les éditions Soc et Foc qui m’ont parlé des Editions Grandir d’un Monde à l’Autre. Mon ouvrage leur semblait correspondre à la ligne éditoriale de Grandir. ( note : la ligne éditoriale des éditions Grandir d’un Monde à l’Autre est de valoriser les richesses humaines liées aux différences en général, et au handicap en particulier)

Et quels sont tes projets désormais ?

Eléonore : Je travaille plutôt sur un roman pour les adultes…

Affaire à suivre  !

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