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2013

Valeurs – Idées – Idéaux - Idéologies et… Handicap mental Vers d’autres paradigmes ?

  Au-delà du malaise qu’elle peut parfois provoquer chez certains humains en situation de normalité, la question du handicap a cette particularité d’interroger l’homme. Valeurs, idées, idéaux, idéologies viennent s’éprouver au regard du handicap, comme si les paradigmes existants pouvaient être, sinon mis à mal, du moins réinterrogés et, d’ailleurs, sont-ils seulement réinterrogeables ?
Comme le sujet est vaste, j’offre à votre sagacité un petit resserrement sur cette généreuse idée qu'est l’Education Populaire.

  Qu’y a-t-il de plus commun entre la feuille d’un arbre et la feuille de cellophane ? Ou entre une entrée libre et une entrée emprisonnée ? Ou encore et j’en terminerai là, entre un verre d’eau et un vers de Léo ? La complexité et la singularité de la nature humaine. Toute la nature humaine, celle des têtes bien faites, celle des corps standardisés des magazines et puis aussi celles plus lentes à la détente, des codes internes, ou de pensées décalées, voire inexprimées en mots !
Je prends ce point de départ du langage imagé pour tenter d’expliquer au plus concret des choses la complexité de nos relations qui se trouve amplifiée par nos différences de compréhension. Certaines personnes « en situation de handicap » donnent à voir dans cette question de la relation quelques « petites fissures, failles, trous et bosses ». Elles suscitent doucement ou violemment certains liens entre les hommes et génèrent parfois un fossé, une falaise, un monde ! 

  L’éducation populaire : convenons-en de suite, nous n’en trouverons pas une seule et unique définition. En chercher une suscite toujours autant d’émotions et de passions ! Alors nous ferons court et forcément réduit : l’Éducation Populaire par le peuple et pour le peuple ! Un côté révolutionnaire pour certains, le théâtre « ouvert » de Jean Vilar pour d’autres, ou encore un certain refrain remis au goût du jour de l’animateur socioculturel. Comme aurait pu dire ce cher Léo (oui encore) « l’éducation populaire, c’est encore l’éducation ! ».
  « Pour le peuple et par le peuple », comment cela parle-t-il chez mon fils de 17 ans trisomique ? Comment ces mots résonnent chez l’amoureuse de mon fils, autiste et pas de ce groupe socialement valorisée et reconnue des autistes Asperger, « Rain Man » ne refait le monde que partiellement !
  

  Non, je ne doute pas particulièrement du fait que mon fils puisse un jour prendre conscience de ce qu’est l’éducation populaire. J’ai plutôt la cruelle impression de savoir que l’éducation populaire ne saura jamais ce qu’est vraiment la trisomie, l’autisme, l’angelman, le prader willi, ou que sais-je encore…  Pourtant des adaptations sont possibles et les petites fissures, les failles, les trous et les bosses qui se glissent doucement entre les hommes et génèrent parfois un fossé, une falaise, un monde poussent l’éducation populaire à relever un vrai défi pour se détacher, se décaler et adapter ses valeurs, idées, idéaux, idéologies et ainsi créer un nouveau paradigme… 

  Mais au fait, dites-moi, « la personne au centre du projet » ça ne serait pas une idée un peu éduc. pop. ça ? Quand cette représentation-là du handicap sera-t-elle vraiment reconnue comme un nouveau paradigme ?

                                                                                                          Olivier Raballand

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